Mais ta gueule ta gueule ta gueule. Tu vois pas que j'ai la trouille, là ? Tu vois pas les cicatrices sur mes avant-bras qui se rallument ? Tu vois pas que je sombre encore une fois ? Ta gueule putain. Toi tu regardes, tu passe devant moi, dégaine nonchalante et démarche chaloupée, tu t'en fous. Ou alors tu fais bien semblant.
Mais ta gueule.
Putain j'y arrive pas. On est pourtant en plein jour, je perds jamais le nord quand il y a du soleil derrière la fenêtre. Il suffirait que je sorte, il suffirait que je sorte. Mais derrière la fenêtre le ciel est si gris qu'on dirait un peu la nuit. Et les nuits d'été je suis une autre.
Les nuits d'été, seule, je deviens une autre. Tous les démons qui disparaîssent le jour reviennent me hanter et j'ai peu, bordel. Ta gueule, tu vois pas que je flippe ? J'ai l'impression que mes beaux projets ne servent à rien. Je vais tout planter, merde ! Et toi tu restes là, tu n'en as même pas conscience, tu te permets juste de ramener ton putain de petit cul dans ma vie quand ça t'amuse, quand ça te chante, quand tu as besoin de distraction. Ta gueule à la fin.
Moi j'ai trop joué. Mes avants-bras recommencent à me faire mal et je veux encore croire que les pires jours de ma vie sont derrière moi.